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Retraité et artiste-auteur : est-ce que je cotise encore sur mes ventes ?

2026-10-21 · 7 min de lecture · par Urchaf 🐱
Retraité et artiste-auteur : est-ce que je cotise encore sur mes ventes ?

Le jour de ton pot de départ, tes collègues t’ont offert un chevalet, en riant à moitié. Depuis, tu t’en sers presque tous les matins. Tu touches ta pension, tu peins enfin autant que tu veux, et l’an dernier, tu as même vendu quelques toiles. Puis au printemps, l’URSSAF te demande de déclarer ces ventes, et ensuite de cotiser dessus. Tu relis la demande et tu te dis : « Mais je suis à la retraite, moi. Je cotise pour quoi, exactement ? »

C’est une bonne question, et le système y répond mal, par morceaux dispersés sur trois sites. Ce qu’il ne te dit jamais clairement, c’est que la retraite concerne ta pension, pas ton activité : tant que tu vends, tu restes un artiste-auteur aux yeux de l’URSSAF. Et ces cotisations ne partent pas forcément dans le vide.

Alors, remettons les morceaux dans l’ordre, tranquillement.

À retenir

La vraie question n’est pas « est-ce que je cotise »

Tu es artiste-auteur, pas comptable. Le reste, je m'en occupe. 🐱

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Elle est : « est-ce que ce que je cotise me sert encore à quelque chose ». Parce que payer, un artiste-auteur sait faire. Ce qu’il supporte mal, c’est de payer dans le vide.

Commençons par ce qui ne se discute pas. La Sécurité sociale des artistes-auteurs le dit sans détour : tu n’as pas besoin de cesser ton activité artistique pour demander ta retraite d’artiste-auteur, et tu peux continuer à l’exercer une fois retraité, en cumulant pleinement ta pension et tes revenus artistiques. Mais elle ajoute, dans la même page : tu restes redevable des cotisations sociales au titre de ton activité artistique.

Autrement dit, la retraite concerne ta pension, pas ton activité. Aux yeux de l’URSSAF, tant que tu vends ou que tu cèdes des droits, tu es un artiste-auteur en activité. L’âge n’entre pas dans le calcul.

Urchaf en retraité, lunettes rondes et canne, signe un livre
À la retraite, on n’arrête pas d’écrire. Ni de déclarer.

Ce que ces cotisations te rapportent (ou pas)

C’est ici que le système devient vraiment tordu, et que personne ne te le résume en une phrase.

Côté retraite de base. Depuis la réforme de 2023, les périodes cotisées pendant un cumul emploi-retraite peuvent donner de nouveaux droits et permettre de bénéficier d’une seconde retraite, dans le cadre d’un cumul dit « intégral ». Info Retraite et l’Assurance retraite le présentent ainsi. La Sécurité sociale des artistes-auteurs reprend la même idée pour toi : si tu es déjà retraité, tu peux t’ouvrir, sous certaines conditions, des droits supplémentaires à la retraite.

Tout tient dans ces trois mots, « sous certaines conditions ». Le cumul intégral suppose, en résumé, d’avoir obtenu toutes tes retraites, de base et complémentaires, françaises et étrangères, et d’avoir soit l’âge du taux plein, soit une retraite à taux plein par ta durée d’assurance. Ces règles changent encore pour les retraites qui démarrent à partir du 1er janvier 2027. Ta situation exacte se vérifie sur info-retraite.fr, qui a un parcours dédié au cumul emploi-retraite, ou auprès de l’Assurance retraite (3960).

Côté retraite complémentaire. L’IRCEC, qui gère le RAAP, écrit dans son guide 2026 que bénéficier d’une pension ne fait pas obstacle à la perception de droits d’auteur, et que la poursuite de l’activité permet, sous conditions, d’obtenir de nouveaux droits. Elle renvoie vers ses conseillers pour le détail, ce qui en dit long sur la simplicité du sujet.

Un point, lui, est net : la cotisation RAAP est due pour l’année entière, même si tu pars à la retraite en cours d’année. L’IRCEC donne l’exemple d’un photographe parti au 1er juillet : sa cotisation de l’année, une fois réglée, lui ajoute des points, et sa pension est recalculée avec effet à sa date de départ. Autrement dit, ce que tu paies l’année de ton départ n’est pas perdu : il revient dans ta pension.

Où tu déclares : rien ne bouge

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La retraite ne change rien à l’endroit où tu déclares : tu continues exactement comme avant.

  1. La déclaration sociale annuelle, au printemps, sur artistes-auteurs.urssaf.fr. Tu y déclares tes revenus artistiques de l’année écoulée. C’est elle qui fixe tes cotisations définitives.
  2. Les appels trimestriels, si tu déclares en bénéfices non commerciaux (BNC) : janvier, avril, juillet, octobre. Si tes clients te précomptent (tes droits sont déclarés en traitements et salaires), ce sont eux qui retiennent tes cotisations à la source.
  3. Ta déclaration d’impôt, où tes revenus artistiques s’ajoutent à ta pension. Ta pension, elle, a déjà son prélèvement à la source ; tes droits d’auteur suivent leurs propres règles.
  4. L’IRCEC, pour la retraite complémentaire, avec la même assiette sociale que celle déclarée à l’URSSAF.

Le détail des deux déclarations est dans le guide comment déclarer ses revenus d’artiste-auteur. Et si tu découvres le précompte en même temps que la retraite, le précompte expliqué remet les choses à plat.

Tu commences à créer après ta retraite

C’est un cas plus fréquent qu’on ne le croit : le premier roman écrit à la retraite, les aquarelles enfin vendues. Tu t’affilies alors au régime des artistes-auteurs, comme n’importe quel débutant. Depuis le 1er avril 2026, c’est l’URSSAF qui instruit les demandes d’affiliation.

Ce que ça change pour toi : pas grand-chose côté santé. Le guide pratique de la Sécurité sociale des artistes-auteurs précise que si tu es retraité, l’affiliation au régime des artistes-auteurs n’entraîne aucune modification de ta situation. Ta couverture maladie reste celle que tu avais. Tu cotises sur tes nouveaux revenus artistiques, et ces cotisations peuvent, sous conditions, compléter tes droits.

Un piège de débutant, en revanche, ne regarde pas l’âge : les premières années, sans revenus de référence, les appels provisionnels peuvent être calculés sur une base forfaitaire sans rapport avec ce que tu vends. Si tu reçois un appel absurde la première année, c’est probablement ça, et la modulation existe pour le corriger.

Ce que la retraite ne t’enlève pas

Les obligations de l’artiste-auteur ne prennent pas leur retraite avec toi : tu continues à déclarer chaque année, même une année creuse, à payer les appels à l’heure et à garder la trace de ce que tu encaisses. La seule chose qui change vraiment, c’est la question que tu poses à ces cotisations : elles ne financent plus seulement une pension future, elles peuvent, dans les bons cas, en améliorer une existante.

Pour la mécanique générale de la retraite des artistes-auteurs, qui paie quoi entre l’URSSAF et l’IRCEC : la retraite de l’artiste-auteur, qui fait quoi.

FAQ

Un retraité qui vend ses œuvres doit-il payer des cotisations URSSAF ?

Oui. La retraite ne suspend pas l’activité d’artiste-auteur : tant que tu perçois des revenus artistiques, tu restes redevable des cotisations sociales sur ces revenus, comme avant ton départ.

Peut-on cumuler une pension de retraite et des droits d’auteur ?

Oui, et pleinement. La Sécurité sociale des artistes-auteurs indique que tu peux continuer ton activité artistique à la retraite et cumuler ta pension avec tes revenus artistiques.

Les cotisations payées après la retraite donnent-elles de nouveaux droits ?

Sous certaines conditions, oui : depuis la réforme de 2023, un cumul emploi-retraite dit intégral peut ouvrir droit à une seconde retraite. Les conditions se vérifient sur info-retraite.fr ou auprès de l’Assurance retraite.

Faut-il encore payer la cotisation IRCEC l’année du départ à la retraite ?

Oui : l’IRCEC indique que la cotisation RAAP est due pour la totalité de l’année, même si la retraite est prise en cours d’année. Les points acquis sont ensuite ajoutés à la pension, recalculée à sa date d’effet.


🐱 Retraité ou pas, une vente reste une vente, et une partie de ce qu’elle rapporte ne t’appartient pas. Alors, à chaque rentrée d’argent, je te dis combien mettre de côté pour les cotisations, et je te préviens avant chaque échéance, pour que ta pension ne serve jamais à boucher un trou de l’URSSAF. Pour faire le calcul toi-même, sans compte : combien mettre de côté.

Sources : Sécurité sociale des artistes-auteurs, « Âge et montant de la retraite » (secu-artistes-auteurs.fr) et guide pratique « Quelle protection sociale pour les artistes-auteurs ? » (édition avril 2026) ; IRCEC, « Guide de la retraite des artistes-auteurs 2026 » (ircec.fr) ; Info Retraite et L’Assurance retraite, pages « Cumul emploi-retraite » (info-retraite.fr, lassuranceretraite.fr) ; Sécurité sociale des artistes-auteurs, « Ce qui change au 1er avril 2026 » — consultés le 30 septembre 2026. Explication générale, pas un conseil personnalisé : ta situation se vérifie auprès de l’Assurance retraite, de l’IRCEC ou avec ton comptable.


🐱 Urchaf — « Je ne te raconte pas d’histoires. Je te montre les chiffres. »

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