Tu paies déjà l'URSSAF, tu commençais tout juste à digérer ça, et voilà qu'un deuxième organisme t'écrit pour te réclamer de l'argent : l'IRCEC. Ta première réaction est légitime — « on me fait payer deux fois ? ». Non. On te fait payer deux choses différentes. Démêlons.
Ta retraite a deux étages
Comme la plupart des actifs en France, ta retraite d'artiste-auteur se construit sur deux niveaux :
- La retraite de base, encaissée par l'URSSAF via ta cotisation vieillesse. C'est le socle.
- La retraite complémentaire, gérée par l'IRCEC, à travers un régime qui s'appelle le RAAP (Régime des Artistes et Auteurs Professionnels).
Deux étages, deux gestionnaires, deux courriers. Ce n'est pas un doublon administratif absurde (pour une fois) : c'est juste que chaque morceau de ta retraite a son guichet.
IRCEC, RAAP : c'est quoi ces sigles
Pour couper court à la soupe d'acronymes :
- IRCEC = l'institution qui gère la retraite complémentaire des artistes-auteurs. C'est elle qui t'écrit, elle qui encaisse.
- RAAP = le régime de retraite complémentaire lui-même, celui auquel tu cotises si tu es auteur. (L'IRCEC gère aussi d'autres régimes pour d'autres profils, mais pour un artiste-auteur classique, c'est le RAAP qui te concerne.)
Donc quand tu reçois un « appel de cotisation RAAP » de l'IRCEC, traduis : « ta retraite complémentaire d'auteur, c'est le moment ».
Sur quoi ça se calcule
Bonne nouvelle, tu connais déjà la base : c'est la même assiette sociale que pour le reste de tes cotisations, c'est-à-dire ton bénéfice majoré de 15 %. Pas une base nouvelle à comprendre — la même.
La cotisation complémentaire devient obligatoire au-dessus d'un certain niveau d'assiette. En dessous de ce seuil, des règles particulières s'appliquent (un taux réduit, ou la possibilité de cotiser volontairement pour ne pas perdre de droits). Les seuils et les taux exacts changent d'une année à l'autre, et sur ce point précis, je ne vais pas te réciter des chiffres que je devrais réviser dans six mois : tu les vérifies sur ircec.fr, ou tu laisses le simulateur de cotisations intégrer l'IRCEC dans ton estimation globale.
Pourquoi ça vaut le coup de comprendre ce poste
Parce que c'est celui qu'on oublie, qu'on repousse, ou qu'on paie sans savoir ce qu'on achète. Or le RAAP, ce n'est pas une taxe de plus : ce sont des points de retraite, de l'argent qui revient vers toi plus tard. Le négliger, c'est se pénaliser soi-même à retardement.
Alors quand l'enveloppe IRCEC arrive, ne la mets pas sous la pile en soupirant. Ce n'est pas un troisième impôt sournois. C'est la partie de ta retraite que personne ne t'avait expliquée — maintenant, si.

