Tu viens de payer un nouvel objectif pour ton appareil photo, et en rangeant le ticket de caisse tu te demandes : « Est-ce que je peux le déduire, ça ? Et mon abonnement internet, et le train pour aller au salon ? » La réponse dépend d'abord de ton régime. En micro-BNC, tu ne déduis rien, parce que l'abattement forfaitaire couvre déjà tes frais en bloc. En déclaration contrôlée, tu déduis les dépenses engagées dans l'intérêt de ton activité, justifiées et proportionnées : matériel, fournitures, local, déplacements, formation, cotisations, et un usage mixte seulement pour sa part professionnelle.
Avant tout : es-tu concerné ?
Si tu es en micro-BNC, la déduction n'existe pas pour toi, et ce n'est pas une punition. L'abattement forfaitaire de 34 % est censé couvrir tes frais en bloc, sans que tu aies à justifier quoi que ce soit. Tu ne déduis pas ton matériel parce que le forfait en a déjà tenu compte à ta place, de façon approximative. Tu n'as pas de factures à garder pour cela : c'est le principe même du micro.
La déduction à l'euro près ne concerne que la déclaration contrôlée, le régime réel. Si c'est ton cas, la suite te concerne.
Le principe qui décide de tout
Une dépense est déductible si elle remplit trois conditions :
- Elle est engagée dans l'intérêt de ton activité (pas pour ta vie personnelle).
- Elle est justifiée : tu gardes la facture, le reçu, la preuve.
- Elle est proportionnée : pas de dépense somptuaire présentée comme un frais professionnel.
Retiens surtout la règle du prorata : un achat à usage mixte (ton téléphone, le coin de ton logement qui sert de bureau, ta voiture) ne se déduit qu'à hauteur de son usage professionnel réel. Déduire en entier un appareil qui sert à moitié à regarder Netflix, c'est le genre de raccourci qui se paie cher en cas de contrôle.
Les grandes familles de frais déductibles
En déclaration contrôlée, on retrouve typiquement :
- Matériel et équipement (ordinateur, appareil photo, instruments, logiciels), souvent par amortissement pour ce qui est durable et coûteux.
- Fournitures et consommables liés à la création.
- Local professionnel (loyer, ou quote-part de ton logement affectée au travail, charges associées).
- Déplacements et transport engagés pour l'activité.
- Formation et documentation professionnelles.
- Cotisations sociales et certains frais de gestion.
La liste exacte, les règles d'amortissement, les seuils et les proratas sont techniques, et c'est là que je passe la main. Ce qui dépend de ta situation (est-ce que ton local compte, dans quelle proportion, sur quelle durée amortir ton matériel) se règle avec un expert-comptable. Je te donne le cadre ; le détail chiffré de ton cas relève de son métier, pas du mien.
Le réflexe qui t'évite les ennuis
Garde tout : factures, reçus, justificatifs, même ceux dont tu n'es pas sûr. Il est toujours plus facile de renoncer à déduire une dépense que de prouver après coup une dépense dont tu as perdu la trace. En comptabilité, une preuve conservée t'épargne bien des soucis, et son absence peut coûter cher. Le reste est une question de méthode, et c'est précisément ce que je t'aide à tenir sans y penser.

