Au printemps, tu remplis ta déclaration d'impôts en ligne, tu arrives à tes droits d'auteur et tu découvres qu'il y a deux endroits possibles où les mettre. Tu te demandes : « Je coche quoi ? Est-ce que ça change quelque chose ? » Ça change quelque chose : tes droits d'auteur peuvent se déclarer en traitements et salaires, souvent quand ils te sont versés et déclarés par des tiers, ou en BNC, et pour le même revenu tu ne paies pas forcément le même impôt. La voie salaires est la plus simple, le BNC peut mieux convenir quand tes frais réels sont importants, et le bon choix dépend de tes chiffres.
La voie « traitements et salaires », la plus simple
Quand tes droits d'auteur te sont versés et déclarés par des tiers, comme un éditeur, un producteur ou une société de gestion de droits, tu peux, dans bien des cas, les déclarer comme des salaires.
Son intérêt est d'être simple : les montants sont pré-remplis, tu bénéficies d'une déduction forfaitaire pour frais professionnels appliquée automatiquement (le fisc estime tes frais à ta place, comme pour un salarié), et tu n'as pas de comptabilité à tenir. Pour beaucoup d'auteurs qui perçoivent des droits classiques et ont peu de dépenses, c'est la voie tranquille.
La voie BNC, plus souple
Le BNC (bénéfices non commerciaux) est l'autre possibilité. On y passe quand la voie salaires ne colle pas, par exemple si une partie de tes revenus ne rentre pas dans le cadre « versés par des tiers », ou quand tu as intérêt à déduire tes frais réels.
Le BNC se divise lui-même en deux :
- Le micro-BNC : un abattement forfaitaire de 34 % couvre tes frais, sans justificatif. Simple, sous le seuil de 83 600 € de recettes.
- La déclaration contrôlée : tu déduis tes frais réels, à l'euro près, via une comptabilité. Plus lourd, mais gagnant si tes dépenses dépassent l'abattement forfaitaire.
On détaille ce deuxième arbitrage dans le guide micro-BNC ou déclaration contrôlée.
Alors, laquelle ?
Là, je m'arrête volontairement, parce que le bon choix dépend de tes chiffres : le montant de tes droits, la part versée par des tiers, tes frais réels, ta tranche d'imposition. Une déduction forfaitaire « salaires » peut être plus généreuse qu'un abattement micro dans un cas, et l'inverse dans un autre.
Te dire « prends celle-ci » sans connaître tes chiffres serait un conseil irresponsable, et je ne le ferai pas. Ce que je peux faire, c'est te montrer les deux voies et ce que chacune implique, puis te donner le bon réflexe : poser tes chiffres devant un expert-comptable avant de cocher. Une case fiscale se choisit en connaissance de cause, pas au hasard.
Le piège à éviter
Le vrai danger n'est pas de « mal choisir », c'est de choisir sans savoir qu'on choisit. Beaucoup d'auteurs cochent la case que le logiciel des impôts leur suggère par défaut, sans réaliser qu'une autre existait et pouvait mieux leur convenir. Maintenant que tu sais que les deux voies existent, tu sauras ce que tu coches la prochaine fois que tu arriveras à cette page de ta déclaration.

