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Je commence à vendre mes créations : qu'est-ce que je déclare (et à qui)

🗓️ À jour au septembre 2026📐 Chiffres millésime 2026.5.0
Sources officielles

Samedi, sur un marché de créateurs, quelqu'un a acheté une de tes toiles. Le soir, en rangeant ton stand, la joie laisse place à une petite angoisse : « Bon. Et maintenant, je fais quoi ? Je m'inscris quelque part ? Je déclare ? À qui ? » Si tu vends tes œuvres ou cèdes des droits sur ta création, tu relèves du régime artiste-auteur. Tu te fais alors connaître de l'URSSAF Artistes-auteurs, qui gère ton volet social, puis tu déclares chaque année tes revenus artistiques, à l'URSSAF d'un côté et dans ta déclaration de revenus de l'autre, car le social et l'impôt sont deux guichets séparés. Tu n'as rien fait de mal en vendant ; c'est l'administration qui ne t'envoie aucun mode d'emploi le jour où tu commences.

D'abord : tu relèves probablement du régime artiste-auteur

Avant de courir t'inscrire quelque part, la vraie question, celle qui commande tout le reste, c'est : dans quelle case tu tombes ? Tu ne la choisis pas : elle est déterminée par ce que tu vends.

Si tes revenus viennent de la création d'œuvres et de leur exploitation (un livre, une illustration, une photo d'art, une sculpture, une composition, une pièce), payés sous forme de vente d'originaux, de droits d'auteur ou de cession de droits, alors tu relèves du régime artiste-auteur, et non de celui d'auto-entrepreneur. C'est un régime social à part, pensé pour un métier à part.

Beaucoup de débutants foncent s'inscrire en micro-entreprise « parce que c'est ce que tout le monde connaît ». Ce qui est connu n'est pas forcément ce qui te correspond. Si tu as un doute sur ta case, je l'ai détaillé ici : artiste-auteur ou auto-entrepreneur. Lis-le avant de cliquer sur quoi que ce soit.

Étape 1 : te faire connaître de l'URSSAF Artistes-auteurs

Une fois que tu sais que tu es artiste-auteur, il faut le dire à l'organisme qui gère ton volet social : l'URSSAF Artistes-auteurs. C'est elle qui a repris, depuis 2019, ce que faisaient avant la Maison des Artistes et l'AGESSA. Si tu es tombé sur ces vieux noms en cherchant, tu n'es pas en retard d'une réforme : tu es au bon endroit, c'est juste qu'on a changé le logo sans prévenir personne.

Concrètement, tu t'identifies comme artiste-auteur pour obtenir ton rattachement. C'est ce qui ouvre tes droits sociaux : retraite, maladie, prévoyance. Cotiser n'est pas une punition pour avoir osé vendre. C'est ce qui fait que ton métier compte vraiment dans le système, au lieu d'être un loisir invisible qui ne t'ouvre aucun droit le jour où tu en as besoin.

Étape 2 : la déclaration annuelle de tes revenus artistiques

Le geste central, celui qui revient chaque année, c'est la déclaration de tes revenus artistiques à l'URSSAF. Une fois par an, tu dis combien tu as gagné avec ta création sur l'année écoulée, et c'est à partir de là que se calculent tes cotisations sociales.

Deux cas de figure selon la façon dont tu as été payé :

Dans les deux cas, la déclaration existe. Ne pas la faire parce que « c'était juste une petite vente » ne fait pas gagner de temps : c'est se mettre en défaut pour une somme dérisoire.

Étape 3 : le social et l'impôt, ce ne sont pas les mêmes guichets

Retiens bien celle-là, elle t'épargnera des mois de confusion : social ≠ impôt.

Ce sont deux caisses, deux courriers et deux logiques, et la confusion est presque garantie puisque personne ne te dit que c'est séparé. Voir « cotisations » quelque part ne dit rien de ce que tu devras aux impôts, et inversement. Croire qu'on a « tout réglé » parce qu'on a rempli l'une des deux, c'est l'erreur classique du débutant : il faut passer par les deux.

« Commencer petit », est-ce que c'est un piège ?

Non, et il faut le dire, parce que la peur du débutant est souvent celle-là : « si je déclare mes trois ventes, je vais déclencher une machine que je ne maîtrise pas. »

C'est même l'inverse. Déclarer une petite activité, c'est exactement ce pour quoi le système est censé fonctionner : tu dis honnêtement ce que tu as gagné, même si c'est modeste, et tout est en ordre. Ce qui crée des situations pénibles, ce n'est jamais d'avoir commencé petit, c'est d'avoir attendu et empilé les années sans lever la main, jusqu'à ce que le retard devienne, lui, un vrai problème. Se déclarer tôt vaut mieux que la panique tardive. Et le droit à l'erreur existe : te manifester de toi-même te met toujours du bon côté.

Pour la TVA, un repère au passage : tant que tes recettes de droits d'auteur restent sous la franchise en base de TVA (50 000 €, seuil majoré 55 000 €), tu ne factures pas de TVA, ce qui fait un souci de moins quand on démarre. Et le régime micro-BNC s'applique sous 83 600 € de recettes. Ces chiffres sont ceux du millésime 2026.5.0 ; ils bougent presque tous les ans, d'où la date en haut de page.

Voir ce que ça donne sur tes chiffres

Les grandes étapes, tu les tiens : reconnaître ton régime, te faire connaître de l'URSSAF, déclarer chaque année, ne pas confondre social et impôt. Ce qui reste flou, forcément, c'est le montant : combien ça va te coûter en cotisations sur tes premières recettes.

Te donner un chiffre exact ici, sans connaître tes recettes réelles, ce serait te mentir. Le simulateur de cotisations prend tes recettes et te sort une estimation, poste par poste, avec le taux appliqué et son année, sans inscription. C'est une estimation, pas un montant dû, mais elle se vérifie ligne par ligne, ce qu'aucun courrier ne t'offrira jamais. Tu t'en sers ou non, c'est toi qui vois.

Questions fréquentes

J'ai vendu une seule œuvre, dois-je vraiment me déclarer ?

Il n'y a pas de « seuil de dispense » qui t'autorise à ignorer un revenu artistique parce qu'il est petit. Dès que tu perçois des revenus tirés de ta création (vente d'originaux, droits d'auteur, cession de droits), tu relèves du régime artiste-auteur et tu déclares. Une petite recette reste une recette. Et commencer petit ne déclenche pas une usine à gaz : la déclaration existe justement pour dire honnêtement « voilà ce que j'ai gagné », même si c'est modeste.

Où est-ce que je m'inscris ?

À l'URSSAF Artistes-auteurs (elle a repris la Maison des Artistes et l'AGESSA depuis 2019). C'est le guichet du volet social : tes cotisations, ta retraite, ta couverture maladie. Ce n'est pas le même endroit que les impôts : l'impôt sur le revenu se règle séparément, avec ta déclaration de revenus annuelle. Deux guichets, deux logiques, et les confondre est la confusion n°1.

Est-ce que je risque quelque chose si je m'y prends tard ?

Se déclarer tôt et de soi-même vaut toujours mieux que d'attendre qu'un courrier vienne te chercher. Le droit à l'erreur existe dans tes relations avec l'administration : agir spontanément, c'est se mettre du bon côté. La vraie erreur n'est pas de commencer petit, c'est de laisser courir sans jamais lever la main, jusqu'à ce que le retard, lui, ne soit plus petit.

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Pourquoi ce truc existe

URCHAF existe parce que tu es artiste-auteur, pas comptable.

Ton métier, c'est de créer. Le précompte, l'IRCEC, l'abattement de 34 % puis la majoration de 15 % qui vient juste derrière : ce n'est pas ton métier, c'est le mien. Tu ne devrais pas avoir à devenir comptable pour avoir le droit d'exercer le tien.

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Je ne te raconte pas d'histoires, je te montre les chiffres. 🐱

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