Il y a quelques mois, tu as publié ton roman toi-même, sans éditeur. Tu as tout fait seul, la couverture, la mise en page, la mise en ligne. Un matin, en consultant ton compte, tu vois arriver le virement de la plateforme. La somme est modeste, mais tu souris en la voyant. Puis tu ouvres ton tableau de ventes, et une autre pensée te rattrape : « Pas de contrat, pas de relevé de droits, pas d’éditeur pour s’occuper de quoi que ce soit. Cet argent, je le déclare où, exactement ? Et les tirages de mes illustrations que je vends sur ma boutique, et les mugs avec mes dessins, c’est pareil ? »
Ce que tu ne sais pas encore, c’est que l’administration ne range pas tes ventes selon ce que tu as créé, mais selon la façon dont tu le vends. Le même dessin peut relever du régime des artistes-auteurs quand tu le vends en tirage signé, et du commerce quand il est imprimé en série sur des mugs.
Alors, regardons ça de plus près, vente par vente.
À retenir
- L’autoédition relève du régime des artistes-auteurs : c’est la vente directe, par toi, d’exemplaires de ton œuvre originale, dont tu assures toi-même la reproduction ou la diffusion.
- Les ventes via Amazon KDP, Kobo Writing Life, Lulu ou Bookelis sont expressément citées comme de l’autoédition, sous conditions : tu as créé l’œuvre, tu n’as cédé tes droits à aucun éditeur, tu gères seul la publication.
- Les tirages signés et impressions de tes œuvres vendus en expo, en salon ou sur ta propre boutique en ligne relèvent aussi du régime.
- Les objets utilitaires (mugs, t-shirts, carnets) n’y entrent que par exception. Production en série, impression à la demande générique, e-commerce : c’est du commercial (BIC).
- L’autoédition se déclare en BNC : toi-même à l’URSSAF dans ta déclaration sociale annuelle, et aux impôts.
Ce que l’URSSAF appelle « autoédition »
Tu es artiste-auteur, pas comptable. Le reste, je m'en occupe. 🐱
Provisionnement auto, rappels d’échéances, tout expliqué.
🐾 Voir les tarifs — satisfait ou remboursé 10 jLa Sécurité sociale des artistes-auteurs définit l’autoédition comme « la vente directe par l’auteur d’exemplaires de ses œuvres, dont il assure lui-même la reproduction ou la diffusion ». Ces revenus entrent dans le régime depuis le décret n° 2020-1095 du 28 août 2020, précisé par une instruction ministérielle du 12 janvier 2023.
Elle pose trois conditions, et toutes comptent :
- Les revenus viennent de l’exploitation d’une œuvre originale dont tu assures toi-même la diffusion et la reproduction.
- Tu les perçois directement : ventes, téléchargements, autres formes de diffusion.
- Ils ne relèvent pas d’une activité commerciale distincte de ta création, ou qui prendrait le dessus sur elle.
C’est la troisième condition qui décide de tout pour les objets, et j’y reviens plus bas.

Amazon KDP, Kobo, Lulu : le cas des livres
Pour les livres, la fiche officielle cite nommément Amazon KDP, Lulu, Bookelis et Kobo Writing Life. Les ventes de ton livre sur ces plateformes peuvent être déclarées comme revenus artistiques issus de l’autoédition, à quatre conditions :
- tu as créé l’œuvre (roman, essai, poésie, jeunesse…) ;
- tu n’as pas cédé tes droits à un éditeur ;
- tu gères seul la publication, sans contrat contraignant avec la plateforme ;
- tu perçois des redevances proportionnelles aux ventes.
KDP imprime pourtant à la demande, et l’impression à la demande « générique » est justement rangée côté commercial par la même fiche. La différence tient à ce qui est vendu : ton livre, œuvre originale diffusée par toi, et non un objet décoré fabriqué en série. Si ton cas se situe entre les deux, mieux vaut poser la question à ton comptable que te fier à ton intuition.
Tirages, reproductions, et le cas Etsy
Tu es artiste-auteur, pas comptable. Le reste, je m'en occupe. 🐱
Provisionnement auto, rappels d’échéances, tout expliqué.
🐾 Voir les tarifs — satisfait ou remboursé 10 jPour les arts graphiques, plastiques et la photo, la fiche est claire : tu peux vendre toi-même tes œuvres sous forme de tirages signés ou d’impressions sur des supports choisis (papier d’art, toile), dans un cadre identifié : exposition, salon, festival, ou une boutique en ligne qui t’appartient.
Et Etsy ? La fiche ne le nomme pas. Elle parle de « boutique en ligne leur appartenant » d’un côté, et de « plateformes d’e-commerce » rangées dans la logique commerciale de l’autre. Or Etsy tient des deux, puisque c’est ta boutique, mais installée sur une place de marché. Ce qui fera pencher la balance, d’après les critères officiels, c’est ce que tu y vends et comment : des tirages signés de tes œuvres, en petite quantité, ou une production en série. Aucune source officielle ne tranche le cas Etsy en tant que tel, et je ne vais pas le trancher à leur place.
Mugs, t-shirts, tote bags : la frontière
Ici, l’administration est explicite : la vente d’objets à usage utilitaire (t-shirts, mugs, carnets) ne relève du régime des artistes-auteurs que de manière exceptionnelle, quand ces objets sont de véritables supports de diffusion de tes œuvres originales, créés et diffusés par toi dans un cadre strictement artistique.
Dans les autres cas (production en série, fabrication industrielle, produits dérivés, impression à la demande, e-commerce), les revenus sont commerciaux. Ils se déclarent en bénéfices industriels et commerciaux (BIC), dans le régime des travailleurs indépendants. Cela veut dire un autre régime, une autre affiliation et d’autres cotisations.
Autrement dit, ton illustration vendue en tirage signé fait partie de ton métier d’artiste, alors que la même illustration imprimée sur mille mugs relève du commerce. Le dessin est le même, c’est la façon de le vendre qui change le régime.
Où ça se déclare, concrètement
Pour la partie qui relève de l’autoédition :
- À l’URSSAF : ces revenus ne sont pas précomptés, puisque aucun éditeur ne cotise pour toi. Tu les déclares toi-même, en BNC, dans ta déclaration sociale annuelle sur artistes-auteurs.urssaf.fr, avec tes revenus artistiques. Ils ne vont pas dans la case des revenus accessoires, car l’autoédition fait partie de ton activité principale. La campagne 2026 s’est tenue du 27 avril au 19 juin.
- Aux impôts : les mêmes recettes vont dans ta déclaration de revenus, en BNC, sur la 2042-C-PRO. Tout le chemin est dans l’article déclarer ses revenus en BNC.
Pour la partie commerciale, s’il y en a une : elle sort du régime artiste-auteur et suit celui des travailleurs indépendants. Tu as alors deux activités et deux déclarations, qui ne se mélangent pas.
La question de la TVA sur tes ventes est une autre histoire, qui a ses propres seuils : voir la franchise de TVA de l’artiste-auteur. Et si ce sont tes toutes premières ventes : je commence à vendre, que déclarer.
FAQ
Les ventes Amazon KDP relèvent-elles du régime artiste-auteur ?
Oui, sous conditions : la Sécurité sociale des artistes-auteurs cite Amazon KDP comme de l’autoédition si tu as créé l’œuvre, n’as pas cédé tes droits à un éditeur, gères seul la publication et perçois des redevances proportionnelles aux ventes.
Comment déclarer ses revenus d’autoédition à l’URSSAF ?
En BNC, dans ta déclaration sociale annuelle sur artistes-auteurs.urssaf.fr, parmi tes revenus artistiques. Ces revenus ne sont pas précomptés : c’est toi qui les déclares.
Vendre des mugs ou des t-shirts avec ses dessins, c’est du revenu d’artiste-auteur ?
En principe non. Les objets utilitaires ne relèvent du régime des artistes-auteurs qu’à titre exceptionnel ; produits en série, en impression à la demande ou via l’e-commerce, ils génèrent des revenus commerciaux, déclarés en BIC.
Peut-on vendre ses tirages sur Etsy en artiste-auteur ?
Les sources officielles ne citent pas Etsy. Elles admettent les tirages signés vendus sur une boutique en ligne qui t’appartient, et rangent l’e-commerce en série côté commercial : ton cas se juge sur ce que tu vends et comment, avec ton comptable.
🐱 Quand tu t’autoédites, tu gères aussi seul ta trésorerie : personne ne retient tes cotisations à la source, donc personne ne les met de côté pour toi. C’est ce que fait Urchaf : à chaque vente encaissée, je te dis combien mettre de côté, et je te préviens avant chaque échéance URSSAF. Pour estimer tes cotisations toi-même, sans compte : le calculateur de cotisations.
Sources : Sécurité sociale des artistes-auteurs, « Autoédition d’une œuvre originale » et fiche pratique « L’autoédition d’une œuvre originale » (juillet 2025), « Déclaration sociale des revenus 2025 : quels revenus déclarer ? » (secu-artistes-auteurs.fr) ; décret n° 2020-1095 du 28 août 2020 (legifrance.gouv.fr) — consultés le 30 septembre 2026. Explication générale, pas un conseil personnalisé : ta situation se vérifie dans ton espace URSSAF ou avec ton comptable.
🐱 Urchaf — « Je ne te raconte pas d’histoires. Je te montre les chiffres. »
