Le médecin te tend un arrêt de travail, ou le test de grossesse est positif, et la même question te traverse aussitôt : « Et moi, qui me paie pendant ce temps-là ? Je suis artiste-auteur, je n'ai sûrement droit à rien. » Si, tu as des droits. Tes cotisations t'ouvrent l'assurance maladie, avec des indemnités journalières en cas d'arrêt, ainsi que des indemnités de maternité et de paternité, sous conditions de revenus ou d'affiliation. C'est l'Assurance Maladie (CPAM, ameli.fr) qui s'en occupe, et le mieux est de vérifier ta situation maintenant, pendant que tout va bien.
Tu as des droits
Contrairement à une idée tenace, être artiste-auteur ne veut pas dire être seul face à la maladie ou à la parentalité. Tes cotisations sociales, celles qui te font parfois grincer des dents, t'ouvrent des droits. Notamment :
- Des droits à l'assurance maladie, avec la possibilité d'indemnités journalières en cas d'arrêt.
- Des droits à des indemnités de maternité et de paternité.
Ces droits sont la contrepartie de ce que tu paies. Le régime artiste-auteur prélève, mais il te rattache aussi à une protection sociale réelle.
Le mot important : « sous conditions »
Ces droits sont réels, mais ils sont conditionnés : il faut généralement remplir un niveau minimal de revenus ou d'affiliation pour les ouvrir. Un artiste-auteur qui déclare très peu peut ne pas atteindre le seuil qui déclenche certaines indemnités.
Les seuils exacts, les montants, les durées dépendent de ta situation et évoluent d'une année à l'autre. Te réciter des chiffres ici serait irresponsable, parce qu'ils seraient faux tôt ou tard. Ce qu'il faut retenir, c'est que ces droits existent, qu'ils sont conditionnés, et que ta situation exacte se vérifie à la source.
Qui contacter, et quand
Tu as deux interlocuteurs, qui n'ont pas le même rôle :
- L'Assurance Maladie (CPAM / ameli.fr) gère ta santé : c'est elle qui verse les indemnités et traite tes arrêts et congés. C'est ton point de contact pour tes droits.
- L'URSSAF Artistes-auteurs encaisse les cotisations qui ouvrent ces droits.
Surtout, renseigne-toi avant d'en avoir besoin, pas pendant. Découvrir ses droits en pleine grossesse ou en plein arrêt, épuisé, c'est le pire moment pour le faire. Un appel ou une visite sur ameli.fr quand tout va bien suffit pour savoir à quoi tu pourras prétendre le jour où tu en auras besoin.
Ce qu'il faut retenir
Tu n'es pas sans protection. Elle existe, ce sont tes cotisations qui la financent, et elle a des conditions d'accès qu'il vaut mieux connaître avant d'en avoir besoin. La peur vient surtout de l'ignorance : « je ne sais pas ce que j'ai » devient vite « je n'ai sûrement rien », et c'est faux. Va vérifier ce que tu as : c'est probablement plus que tu ne crois, et c'est déjà payé.

