Un jour, tu reçois un appel de cotisation que tu n’attendais pas vraiment. En haut, un sigle que tu connais à peine, IRCEC, et un peu plus bas un autre, RAAP. Tu le lis une première fois, puis une deuxième, et tu te dis : « C’est qui, ces gens ? Je paie déjà l’URSSAF. Pourquoi est-ce qu’ils veulent encore mon argent ? »
Ces gens, c’est la caisse de ta retraite complémentaire. Ce que tu verses sur cette ligne n’est pas perdu : ça te construit des droits pour plus tard, pour le jour où, dans trente ans, tu auras moins envie ou moins la force de courir après les commandes. Autrement dit, c’est un peu à toi-même que tu paies cette cotisation.
Alors, regardons ensemble combien elle coûte exactement, et comment elle fonctionne.
À retenir
- L’IRCEC est la caisse de retraite complémentaire des artistes-auteurs ; le RAAP est le régime qui concerne la majorité des auteurs.
- La cotisation RAAP au taux normal est de 8 % de l’assiette sociale — la même que l’URSSAF : recettes −34 % (→ bénéfice) puis +15 % de majoration, soit ≈ 76 % des recettes en micro-BNC (raccourci recettes × 0,759).
- Un taux réduit de 4 % est possible sur demande quand les revenus sont sous un certain seuil (années creuses ou débuts d’activité).
- La retraite de base passe par les cotisations URSSAF ; l’IRCEC/RAAP est l’étage complémentaire qui s’ajoute par-dessus.
- Comme pour l’URSSAF, les appels IRCEC arrivent avec un décalage : provisionne tes 8 % (ou 4 %) au fil de l’eau.
D’abord, qui fait quoi ?
Tu es artiste-auteur, pas comptable. Le reste, je m'en occupe. 🐱
Provisionnement auto, rappels d’échéances, tout expliqué.
🐾 Voir les tarifs — satisfait ou remboursé 10 jTa retraite d’artiste-auteur repose sur deux niveaux :
- La retraite de base : elle passe par tes cotisations URSSAF artiste-auteur (la ligne dont je parle dans mon article sur les cotisations).
- La retraite complémentaire : elle s’ajoute à la première, et c’est là qu’intervient l’IRCEC.
IRCEC, c’est la caisse de retraite complémentaire des artistes-auteurs. À l’intérieur, plusieurs régimes selon ton métier. Le plus courant, et de loin :
- RAAP : Régime des Artistes et Auteurs Professionnels. Celui qui concerne la grande majorité des auteurs — écrivains, illustrateurs, photographes, compositeurs, etc.
Tu peux voir l’IRCEC comme un immeuble, et le RAAP comme l’appartement où habitent la plupart des auteurs.

Sur quoi tu cotises pour le RAAP ?
La base, tu la connais déjà : c’est exactement la même assiette sociale que pour tes cotisations URSSAF.
Pour rappel, au micro-BNC, elle se construit en deux temps : on enlève l’abattement de 34 % de tes recettes (recettes × 0,66 = ton bénéfice), puis on majore ce bénéfice de 15 % (×1,15). Ça donne ton assiette sociale, soit ≈ 76 % de tes recettes — le fameux raccourci recettes × 0,759. Ce +15 % est la même bizarrerie du statut que pour l’URSSAF : tu cotises sur un peu plus que ton bénéfice réel, mais c’est bien le calcul officiel.
Tu n’as donc pas de nouvelle formule à apprendre : c’est la même base, sur une autre ligne de cotisation.
Combien tu paies ? Le taux de 8 %
Tu es artiste-auteur, pas comptable. Le reste, je m'en occupe. 🐱
Provisionnement auto, rappels d’échéances, tout expliqué.
🐾 Voir les tarifs — satisfait ou remboursé 10 jLe taux du RAAP est de 8 % sur cette assiette sociale.
Le plus simple, c’est de le voir sur un exemple.
Léo, photographe, 25 000 € de recettes
- Bénéfice (après abattement de 34 %) : 25 000 × 0,66 = 16 500 €
- Assiette sociale (bénéfice + 15 %) : 16 500 × 1,15 = 18 975 € (soit 25 000 × 0,759, le même résultat par le raccourci)
- Cotisation RAAP (8 %) : 18 975 × 0,08 = ≈ 1 518 € sur l’année.
Environ 6 % de ses recettes partent donc vers sa retraite complémentaire, et lui construisent des droits qui compteront le jour venu.
⚠️ Montants indicatifs, à valider avec ton comptable. Les taux, planchers et seuils peuvent évoluer d’une année à l’autre.
Le truc que peu de gens connaissent : le taux réduit à 4 %
Ce point-là peut vraiment t’aider une année difficile.
Si tes revenus artistiques sont en dessous d’un certain seuil, tu peux demander à cotiser au RAAP à un taux réduit de 4 % au lieu de 8 %.
L’idée est de ne pas étrangler les auteurs aux revenus modestes ou irréguliers. Tu cotises moins, donc tu acquiers moins de droits : c’est un arbitrage, mais il soulage ta trésorerie quand tu en as besoin.
On peut très bien cotiser au taux plein pendant deux années de galère, simplement parce que personne ne t’a dit que le taux réduit existait. Il ne se devine pas : il se demande. Ce n’est pas automatique dans tous les cas : regarde ta situation chaque année, et parles-en à ton comptable, surtout les années creuses.
Petite comparaison à 18 975 € d’assiette
- Taux plein (8 %) : ≈ 1 518 € → plus de droits accumulés.
- Taux réduit (4 %) : ≈ 759 € → tu gardes 759 € en trésorerie cette année, mais tu valides moins pour la retraite.
Il n’y a pas de « bon » choix universel. Si tu as besoin de trésorerie maintenant, le taux réduit te soulage ; si tu peux te le permettre, le taux plein construit ta retraite plus vite. C’est à toi, avec ton comptable, de trancher selon ton année.
Le piège du décalage, encore lui
Comme pour l’URSSAF, les cotisations IRCEC/RAAP sont souvent appelées avec un décalage par rapport à l’année de tes revenus. Tu peux donc recevoir un appel qui correspond à une année déjà passée.
Concrètement : si tu as eu une grosse année, l’appel RAAP qui va avec peut arriver l’année suivante. Et si tu as tout dépensé entre-temps, il tombe au plus mauvais moment.
La parade est la même que partout : provisionne tes 8 % (ou 4 %) au fil de l’eau, à chaque recette. Quand l’appel arrive, l’argent est déjà là.
« Et si je ne paie pas ? »
Ce serait une mauvaise idée. Les cotisations retraite ne disparaissent pas si tu les ignores : elles s’accumulent, parfois avec des majorations, et la dette grossit. Et surtout, tu perds des droits pour ta retraite future, des droits que personne ne te rendra.
Si tu as du mal à payer, l’IRCEC propose des échéanciers et des aménagements. Mieux vaut les demander tôt que de laisser l’appel sans réponse.
Le minimum à garder en tête
- IRCEC = la caisse, RAAP = ton régime (pour la plupart des auteurs).
- Tu cotises sur la même assiette sociale que l’URSSAF (≈ 76 % des recettes au micro-BNC).
- Taux normal : 8 %. Taux réduit possible : 4 % sous condition de revenus, sur demande.
- C’est ta retraite complémentaire : des droits que tu te constitues pour plus tard.
- Provisionne au fil de l’eau pour ne jamais subir l’appel décalé.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre l’IRCEC et le RAAP ?
L’IRCEC est la caisse de retraite complémentaire des artistes-auteurs (l’immeuble). Le RAAP (Régime des Artistes et Auteurs Professionnels) est l’un de ses régimes internes, celui qui concerne la grande majorité des auteurs.
Quel est le taux de cotisation RAAP pour un artiste-auteur ?
Le taux normal est de 8 % de l’assiette sociale. En micro-BNC, cette assiette = recettes après abattement de 34 % (ton bénéfice), puis majorées de 15 % (ce qui revient au raccourci recettes × 0,759). Un taux réduit de 4 % est possible sur demande lorsque les revenus sont sous un certain seuil.
Comment obtenir le taux réduit de 4 % à l’IRCEC ?
Le taux réduit n’est pas automatique : il se demande, généralement chaque année selon ta situation de revenus. Tu cotises moins, donc tu acquiers moins de droits retraite : c’est un arbitrage de trésorerie utile lors des années creuses.
Que se passe-t-il si on ne paie pas ses cotisations IRCEC ?
Les cotisations ne disparaissent pas : elles s’accumulent, parfois avec des majorations, et tu perds des droits pour ta retraite future. En cas de difficulté, l’IRCEC propose des échéanciers : mieux vaut demander de l’aide tôt que faire le silence.
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Pense au toi de dans trente ans : mieux vaut lui laisser des droits mis de côté qu’une dette oubliée.
🐱 Urchaf — « Je ne te raconte pas d’histoires. Je te montre les chiffres. »
